La drogue

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S'il est indispensable de marquer les limites et de mettre en garde un adolescent contre les dangers qu'il peut courir, il est tout aussi nécessaire de le valoriser, de l'encourager, et de favoriser ses contacts avec l'extérieur. Aider un adolescent à trouver ses forces personnelles est aussi essentiel pour lui que de connaître les limites posées par les adultes et particulièrement s'il manifeste une attitude de repli et qu'il éprouve un besoin important de confiance et d'estime de lui-même.

Est-ce que cest la curiosité des jeunes qui les amènent à la toxicomanie? La curiosité peut donner l'envie "essayer pour voir"; mais une seule consommation ne signifie pas "s'accrocher". Dès le plus jeune âge, la curiosité, c'est surtout l'envie et le besoin de découvrir, de grandir, de

se développer, d'apprendre. Cela n'a alors rien de négatif !

Cependant, si une seule prise de drogue ne veut pas dire être toxicomane, cela ne donne pas carte blanche pour essayer ! Toute consommation de drogue comporte un risque ! Les jeunes qui n'arrivent pas à assumer les exigences de la vie actuelle, qui souffrent de multiples problèmes et qui manquent de soutien de la part des adultes et de l'entourage risquent, plus que les autres, d'utiliser les drogues et en devenir dépendants.

Lusage de la drogue est fortement lié aux difficultés des jeunes dans leur vie familiale ou sosiale.

Mais il ne faut jamais dire que c'est la faute des parents si un jour leur enfant devient dépendant. Cette affirmation n'est pas acceptable!

Les effets, les risques et les dangers des drogues (substances psychoactives) varient suivant les produits et l'usage que l'on en fait. Les raisons pour lesquelles chacun peut etre amené en consommer diffèrent selon chaque individu, son histoire, son état de santé, son environnement familial et social.

Les toxicomanes ont souvent une vie de famille pauvre : un sur deux a des parents séparés ; 17% ont perdu leur père, 7% leur mère. Beaucoup ont en outre des difficultés scolaires ou proressionnelles ; à 18 ans, 16% seulement sont encore scolarisés (contre 75% dans lensemble de la population) et plus de la moitié sont chomeurs ou sans activités. Ils se tournent alors vers les paradis artificiels, sans savoir quil leur ouvrent les portes de lenfer.

Il est significatif que limage que les jeunes drogués ont deux-memes est beaucup moins favorable que celle des non-drogués. Des enquetes montrent que les premiers se jugent plus pessimistes, tristes, inquiets, énervés, fantaisistes, paresseux, dépensiers, mal organisés, sans ambition, mal dans leur peau. Meme ceux qui ne consomment que des drogues licites (alcool, tabac, médicaments psychotropes) sont plus nombreux à avoir le cafard que ceux qui nen utilisent pas (55% contre 21%). Ils sont meme 13% à avoir des idées de suicides, contre 3% des non-consommateurs. Il ny a pas de drogués heureux.

On dit souvent:Ces jeunes ont tellement de problèmes; ce n'est pas étonnant qu'ils se droguent.Mais quand meme si toutes les personnes qui ont des difficultés se droguaient, le monde entier serait toxicomane! La plupart des adultes et des adolescents savent bien que les drogues ne vont pas les aider à résoudre leurs problèmes. Un jeune qui a appris à affronter ses problèmes, au besoin avec le soutien de son entourage,parents ou amis, ne cherchera pas à utiliser les drogues pour fuir. Les situations qui paraissent lourdes, sans issue, seront vécues comme un défi à dépasser et non comme une menace insurmontable.

Chaque personne instaure une relation unique à l'autre , développe des stratégies pour éprouver du plaisir ou pour ne pas souffrir. La consommation des substances psychoactives occupe une place dans ces stratégies. Aucune recette n'existe donc pour éviter qu'un individu, et en particulier une personne jeune, ne fasse usage de substances psychoactives. L'adolescence est l'âge de tous les possibles, des expériences et des rencontres. Ce qui peut être vécu dans un moment particulier, peut ne pas prendre un caractère définitif, rien ne sert de dramatiser un essai, une erreur. Dans une période de crise, il s'agira pour l'adulte de trouver le bon moment pour se faire entendre, et adopter une attitude appropriée. S'il n'y parvient pas, il peut rechercher l'appui de personnes compétentes. (voir encadré les lieux d'aide et de soins).

: 18/05/2006